The Good Soap

Et il y aura des bulles, mais pas celles que l’on croit, polyphoniques et précaires qui accueillent l’éphémère, le lointain et se dissipent, fragiles, dans l’air. Dans les rouages de l’automne, à côté de sa petite cuve, au milieu de ses flacons, Nicolas Ancion, agriculteur à Saive, nous explique le cheminement qui l’a amené à se lancer dans le savon…

Certains se diversifient dans le yaourt, le fromage ou encore les glaces. La diversification vers laquelle Nicolas Ancion s’est tourné est tellement originale qu’il est le seul à l’avoir développée. Ce petit-fils d’agriculteur, dont le père n’a pas repris l’exploitation laitière, s’est concentré avec ce dernier sur les quelques terres restantes en grandes cultures (triticale, pois, avoine, maïs) qu’il a converties en bio voici deux ans.

Huiles de chanvre et de tournesol

Son but sera de valoriser localement les produits de la petite exploitation familiale et de se tourner vers les cosmétiques bio, un marché actuellement en plein essor puisqu’il croît de 7 % chaque année pour être actuellement évalué à plus de 3,8 milliards €.
Pour mener à bien son projet, il s’associe avec Boris Louis, un doctorant en chimie, contacte Biowallonie et des agriculteurs voisins, dont Michel Mordant, un arboriculteur qui s’est lancé dans la culture bio de chanvre et de tournesol dont il vend les huiles. Ce sont avec ces dernières que Nicolas Ancion réalise ses premiers tests et sa production de savon avant d’élaborer sa propre huile en 2022, date à laquelle il sera certifié bio.

Nicolas a d’ores et déjà introduit un dossier en vue d’une autorisation de mise sur le marché au niveau de l’UE. Pour ce faire, le savon liquide devra être analysé par un chimiste spécialisé en cosmétologie qui devra approuver la formule. Une démarche qui devrait aboutir en ce mois de novembre. Officiellement, le produit s’appellera « The Good Soap » et s’il n’est pas encore disponible à la vente, Nicolas Ancion a déjà été contacté par des magasins bio. Son but ne sera pas de commercialiser son savon sous marque propre mais bien sous marque blanche « premium » dans les commerces bio et de proximité afin de limiter les intermédiaires, l’objectif étant d’offrir une juste rémunération à chacun.